On reconnaît les habitués à l'heure où ils arrivent. À sept heures du matin, les allées sont encore à moitié montées, le café n'est pas chaud, et c'est précisément le bon moment : les déballeurs sortent leurs cartons, et ce qui partira le plus vite n'a pas encore été vu.
Arriver tôt, mais pas trop
La première heure appartient aux professionnels et aux collectionneurs. Ils savent ce qu'ils cherchent, ils vont vite, et ils repartent souvent avant neuf heures. Se lever pour les devancer est une option ; arriver dans leur sillage en est une autre, souvent plus reposante et presque aussi bonne, parce qu'ils laissent derrière eux tout ce qui ne les intéresse pas.
La fin de journée obéit à une logique inverse. Vers seize heures, personne n'a envie de remballer, et les prix s'effondrent. On y fait d'excellentes affaires sur ce qui reste — mais justement, il ne reste que ce dont personne n'a voulu.
Faire un tour complet avant d'acheter
C'est le conseil qu'on suit le moins et qu'on regrette le plus. Parcourir l'ensemble des stands sans rien sortir de sa poche demande une certaine discipline, mais c'est ce qui distingue une bonne journée d'une brassée d'objets dont on ne saura que faire.
Notez deux ou trois stands, puis revenez. Le risque de voir partir la pièce entre-temps est réel ; il est plus faible que celui d'acheter la première chose venue et de croiser la même, en meilleur état et moins chère, trois allées plus loin.
La monnaie change tout
Emporter des petites coupures et de la ferraille n'est pas un détail. Un vendeur à qui l'on tend un billet de cinquante pour un objet à trois euros a un argument tout trouvé pour ne rien lâcher sur le prix. Avec l'appoint, la discussion est plus simple, et souvent plus courte. Beaucoup de stands n'acceptent que les espèces, et les distributeurs sont rarement à côté.
Demander un prix sans froisser
Le prix affiché est une entrée en matière, pas une conclusion — mais la manière de le discuter fait toute la différence.
« Vous feriez un geste ? » ouvre une discussion. « C'est trop cher » la ferme.
Proposer un prix rond pour plusieurs objets marche mieux que négocier pièce par pièce.
Un objet abîmé se négocie ; un objet rare, beaucoup moins, et le vendeur le sait.
Si la réponse est non, elle est non. Insister ne fait pas baisser un prix, il le fige.
Ce qu'on regrette en rentrant, ce n'est presque jamais ce qu'on a payé trop cher. C'est ce qu'on a laissé.
Ce qu'il faut avoir dans le sac
Un grand cabas pliable, du papier journal pour ce qui se casse, un mètre ruban si vous chinez du mobilier, et de quoi boire. Rien de tout cela ne se trouve sur place, et tout manque au mauvais moment.
Le reste s'apprend en marchant. Voir ce qui se passe près de chez vous est un bon point de départ pour le dimanche qui vient.