Passer de l'autre côté de la table change le regard. On y découvre que vendre prend la journée, que les objets auxquels on tenait ne partent pas, et que ceux dont on se moquait s'arrachent à neuf heures du matin.
S'inscrire, et la règle des deux fois par an
L'inscription se fait auprès de l'organisateur — mairie, association, comité des fêtes — et souvent plusieurs semaines à l'avance pour les rendez-vous courus. On vous demandera une pièce d'identité et une attestation sur l'honneur.
Cette attestation n'est pas une formalité vide. En France, un particulier ne peut participer qu'à deux ventes au déballage par an — c'est ce que prévoit le code du commerce, et l'organisateur tient un registre que la préfecture peut demander. Au-delà, l'activité relève du commerce et de ses obligations. Les détails varient d'une commune à l'autre : la mairie reste la référence, et elle répond volontiers.
Comptez quelques euros du mètre linéaire, parfois rien du tout pour un vide-grenier d'école.
Préparer ses cartons
Le tri se fait avant, jamais le matin même. Deux principes simples :
Ne sortez pas ce que vous n'êtes pas prêt à voir partir. Il y a toujours un objet dont on découvre, l'acheteur devant soi, qu'on ne veut plus le vendre : c'est désagréable pour tout le monde.
Nettoyez. Un objet propre se vend deux fois mieux, et souvent plus cher que ce qu'on espérait. C'est le meilleur rapport temps-passé sur résultat de toute la journée.
Prévoyez une table par deux mètres, une nappe pour que l'étal ait l'air d'un étal, des cartons sous la table pour le réassort, et de quoi rendre la monnaie — une cinquantaine d'euros en petites coupures et en pièces suffit.
Fixer ses prix
La règle de départ : divisez par dix ce que vous croyez que ça vaut, puis acceptez de discuter. On ne vend pas d'occasion à des prix de neuf, et un objet resté invendu ne vaut rien du tout puisqu'il repart dans le coffre.
Étiquetez tout. Un objet sans prix oblige à demander, et beaucoup de gens préfèrent s'éloigner que poser la question. Les lots à prix rond — « ce bac à 1 € » — vident les cartons bien plus vite que les prix à l'unité.
Tenir la journée
Arrivez à l'heure du montage, pas à celle de l'ouverture : les meilleurs emplacements partent vite, et les premiers acheteurs sont là avant que vous ne soyez installé. Venez à deux si vous le pouvez, ne serait-ce que pour pouvoir aller aux toilettes ou faire un tour chez les voisins — qui sont, accessoirement, vos meilleurs clients.
Emportez un siège, de l'eau, un chapeau. Une journée debout au soleil est plus longue qu'elle n'en a l'air.
Et à la fin
Décidez avant de partir ce que vous ferez des invendus, sinon ils remonteront au grenier et vous recommencerez l'an prochain avec les mêmes cartons. Beaucoup de vide-greniers ont une association de collecte sur place en fin de journée ; c'est le bon moment pour s'en séparer pour de bon.